voir : http://lettredamien.canalblog.com/archives/2013/01/18/26184116.html

L'idée du QE est entre autres d'acheter des actifs pourris aux banques, donc d'échanger des devises sans valeur contre du cash, afin d'améliorer le bilan financier des banques, qui ainsi pourraient prêter. Toutefois en Europe principalement, les gouvernements ont mis en place une politique d'austérité telle que les intervenants ne VEULENT plus avoir accès au crédit. Contrairement à ce qui est parfois raconté, ce ne sont pas les intervenants qui ne peuvent pas y avoir accès, sauf bien entendu les plus défavorisés, mais ils ne le veulent pas tandis que les banques se battent entre elles pour obtenir un client à qui prêter. Et pourquoi un client emprunterait ? Acheter de l'immobilier au sommet, juste avant qu'il ne baisse ? Ouvrir un commerce alors que la consommation chute ? Si la consommation baisse, que les taxes et impôts augmentent, et que l'investissement baisse, comment les actions pourraient-elles monter ? Donc pourquoi acheter des actions ? ( les actions montent actuellement du fait de l'inflation, c'est à dire de fortes liquidités qui sont injectées sur les marchés et qui doivent bien se retrouver quelque part, avec parallèlement un espoir de reprise de la consommation du fait des liquidités en attente ). Pourquoi emprunter cher pour acheter des obligations ou de l'immobilier ou des fonds monétaires qui ne rapportent rien ? A part émigrer ou délocaliser, il n'y a rien à faire, et donc il n'y a pas d'intérêt à emprunter.

Une question se pose : quelle est la limite du quantitative easing ? Il existe plusieurs hypothèses ( et non réponses ) :

- le retour de la croissance ? Il est maintenant clair que le quantitative easing induit un semblant de croissance au détriment de l'endettement. L'endettement augmente plus vite que la richesse ( le PIB ) et le coût de la dette augmente donc lui aussi, tuant la croissance. De ce fait, plus le temps passe, plus le quantitative easing continue, et plus les intérêts de la dette détruisent la croissance, à tel point qu'à un certain niveau critique le quantitative easing n'entraîne plus de croissance ( stagflation ), puis le remboursement de la dette crée une récession ( recessflation ). Dans ces conditions, nous ne sommes pas prêts de revoir de la croissance réelle ( entendons une croissance non simulée par l'inflation ), et donc il ne faut pas espérer que le retour de la croissance mette un terme au QE. D'ailleurs il me semble important de préciser qu'un éventuel retour de la croissance ne serait pas négatif pour l'or, bien au contraire, car cette croissance ne serait que le résultat des injections monétaires ( donc de l'inflation, qui est favorable à l'or ) et de plus d'énormes quantités de liquidités circuleraient à nouveau sur les marchés, faisant monter les prix, et allant trouver inévitablement refuge sur l'or. Comme je le dis depuis longtemps : la déflation est favorable à l'or car elle est combattue par les pseudo-économistes modernes par la dévaluation monétaire ; et l'inflation est favorable à l'or car il sert de refuge... Une nuance toutefois : en période d'ignorance ( comme actuellement ), les investisseurs sur l'or peuvent paniquer et vendre en cas de déflation provoquant des consolidations sur l'or ( comme en 2008 et 2011 ), ce sont donc de bonnes périodes d'achat. En cas d'inflation, les mêmes investisseurs ignorants ( ou court-termistes ) préféreront les actifs spéculatifs ( et pourris ) qui flamberont plus vite que l'or. Toutefois sur le long terme l'or est ce qu'il y a de mieux ( il baisse peu ou pas voire monte en déflation, et monte en inflation ). Voir : http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-si-le-qe-ne-cree-pas-d-emplois-pourquoi-le-lier-aux-politiques-pour-l-emploi-.aspx?article=4166438384G10020&redirect=false&contributor=Graham+Summers. Finalement, ce qu'espèrent les banques centrales, c'est qu'après une période suffisamment longue d'assouplissement monétaire, le pouvoir d'achat de leurs monnaies soient suffisamment érodé pour permettre un ajustement du pouvoir d'achat vers le bas, et une amélioration de la compétitivité, sans que cela se voit ni que cela se sache ( quand la valeur de vote monnaie diminue, votre pouvoir d'achat baisse, votre salaire baisse en termes réels et donc la compétitivité augmente ).

- l'absurdité de l'inflation ? Dans les épisodes d'hyperinflation, les monnaies arrivent à un point où elles sont tellement dévalorisées qu'un billet vaut moins que le papier et l'encre qui le constituent. Par exemple, sous la république de Weimar, il était préférable de brûler des billets que du bois car les billets valaient moins cher. De même, les billets jonchaient le sol et étaient balayés comme des détritus. Toutefois les sociétés modernes se sont affranchies de cette contrainte puisque la masse monétaire n'est plus constituée de billets mais essentiellement de données bancaires informatisées. Or ça ne coûte vraiment pas cher de fabriquer des zéros sur un logiciel, la preuve : les banques centrales passent leur temps à le faire et c'est vraiment plus facile de taper sur un zéro que de produire des pièces en métal. Il arrive aussi régulièrement qu'il faille changer la taille ou le métal d'une pièce car le prix de fabrication de la pièce ( coût du métal compris ) devient supérieure à sa valeur faciale...

Que faire ? Prenons un exemple concret : l'or au Japon, et observons les effets du QE sur l'or en yen en comparaison de l'or en euros. Il est évident que plus il y a de quantitative easing, plus l'or monte. Vous saurez donc comment vous protéger du quantitative easing à l'avenir...