Une question se pose pour les marchés : " Allons-nous vers un krach financier, ou bien les marchés vont-ils poursuivre sur leur lancée ? ". En effet, les prix de la plupart des actifs, actions en particulier sont élevés, dans un contexte de ralentissement global de la croissance et de difficultés économiques patentes des USA jusqu'à la Chine. De l'autre côté, les marchés fondent leur espoir sur les politiques monétaires des banques centrales. Actuellement, ils attendent beaucoup de la réunion de la BCE le 5 juin.

J'ai déjà évoqué les possibilités de poursuite de la hausse sur les actions et un rebond possible sur les métaux précieux ( l'or a quant à lui baissé, selon les analystes du fait de la reprise de confiance des investisseurs sur l'économie et les actions - explication qui ne me satisfait pas...- ). Voir : http://lettredamien.canalblog.com/archives/2014/05/24/29936395.html

J'ai donc voulu jeter un coup d'oeil sur l'indice des matières premières, le CRB :http://stockcharts.com/h-sc/ui?s=$CRB&p=D&yr=3&mn=0&dy=0&id=p58612764770

Il a fortement rebondit en 2014. Le RSI et le MACD ont montré un surachat extrème, chose qui ne se voit pas en période de trend baissier. Les moyennes mobiles à 30 et 50 jours ont croisé leur moyenne mobile à 200 jours qui elle-même devient haussière. Les cours sont largement au-dessus de cette dernière moyenne mobile. On peut donc légitimement se poser la question d'un retournement haussier à long terme ( même si à court terme, la consolidation est possible quoique non certaine ). Nous avons cependant eu un signal similaire mais moins fort en 2012. Ce signal faisait suite à une forte baisse de l'indice, mais depuis le CRB a stagné et n'a pas retouché son creux de 2012.

Les graphiques de l'inflation montrent seulement que nous vivons ces deux dernières années dans un contexte d'inflation très faible. Plus globalement l'inflation a été contrôlée depuis les années 1990, et nous sommes encore très loins des chiffres d'inflation des années 70. Toutefois nous savons qu'à long terme, l'histoire se répète et il n'est pas impossible que l'inflation, qui est à des niveaux historiquement bas, ne remonte vers des niveaux tels que nous avons connu par le passé ( au moins 6 % par an ). Bien entendu, il ne s'agit que d'analyse technique...

Aux USA : http://fr.global-rates.com/statistiques-economiques/inflation/indice-des-prix-a-la-consommation/ipc/etats-unis.aspx

En France : http://france-inflation.com/graphique-inflation-depuis-1901.php

Néanmoins sur le plan fondamental, cette hypothèse n'est pas aberrante compte tenu de l'évolution de la masse monétaire, des politiques des banques centrales et des pressions inflationnistes qui ont débuté dans les pays en cours de développement ( alors que ces pays avaient plutôt tendance à exercer une pression à la baisse sur les prix les précédentes décennies ).

Je conclus non pas en disant qu'une forte inflation se prépare mais que la déflation est moins probable que ce que certains analystes envisagent. Je referai d'ailleurs le point plus en détail ultérieurement. Je pense pour ma part que nous allons assister à une phase prolongée de stagflation qui pourrait bien soutenir de nombreux actifs : les actions, les matières premières et l'immobilier. Elle empêchera aussi le krach obligataire. Les taux ne remonteront pas dans l'immédiat ( c'est le facteur qu'invoquent les déflationnistes ). Les taux ne commenceront à remonter que lorsque la croissance pointera vers le haut, soit après une longue phase de taux bas, de soutien monétaire ( sous une forme ou une autre ) et donc d'inflation. Mais la remontée des taux se fera avec un retard sur l'inflation, de manière justement à ne pas casser cette inflation qui pousse la croissance ( voir http://lettredamien.canalblog.com/archives/2013/04/26/27014096.html ). Dans ce scénario, nous pouvons imaginer que dans plusieurs années, l'inflation finira par être galopante, comme dans les années 70, et c'est à ce moment-là seulement que les taux pourraient à leur tour culminer afin de bloquer l'inflation, de la même manière qu'en 1980.