Préambule : l'hypothèse que je vais vous présenter est une analyse fondamentale de long à très long terme ( et ne signifie donc pas que nous allions nécessairement dans un déflation profonde dans l'immédiat ), ce qui ne veut pas dire qu'elle soit sans intérêt, au contraire. Cette analyse repose sur le fait que les solutions pour résoudre la crise ne sont pas mis totalement et rapidement en place, ce qui ne peut pas s'expliquer par la seule incompétence de certains, mais plutôt par les avantages que d'autres y trouvent. En pratique, un scénario déflationniste linéaire ( ou inflationniste d'ailleurs ) serait peu ou en tous cas moins profitable aux spéculateurs ploutocratiques. Je pense donc que la réalité montrera des oscillations autour de la direction que je vais tracer, permettant des achats d'actifs sur les creux et des reventes sur les sommets. La nuance par rapport à mes précédentes analyses est que je ne suis plus du tout certain que l'oligocratie cherche à éviter la déflation ( et même finalement au contraire ). La déflation ne serait blâmée que comme pour servir d'argument à l'austérité ( hausse de la pression sociale, salariale et fiscale, baisse des salaires, justification des mesures sociales telles les licenciements, etc. ). L'aboutissement à très long terme sera une baisse du niveau de vie du citoyen par les effets conjoints de l'austérité et de l'inflation, vers une égalisation au niveau mondial du coût du travail, de la productivité et du niveau de vie.


Derrière cette simple question se cache un terrible secret. En effet, comme je l'ai expliqué depuis 2004, il aurait été simple dès le début d'éviter et de résoudre la ou les crises que nous connaissons depuis l'an 2000. Cette solution consistait en la dévaluation des monnaies ( qui est une forme de défaut partiel des emprunteurs grâce à un remboursement des prêts par des dévaluations monétaires ). L'inconvénient de la dévaluation est l'inflation voire l'hyperinflation. Cela dit il n'existe pas de remède indolore. L'austérité et la déflation que connaissent non seulement le tiers-monde mais aussi les pays développés ( des USA à la Grèce, en passant par le Japon ) sont des réponses finalement douloureuses mais en plus inefficaces. Car dès le début il était évident que les dettes n'étaient pas remboursables, même en accaparant la totalité des biens des prêteurs. Prenez l'exemple du Japon qui est endetté à hauteur de 200 % de son PIB : pouvez-vous espérer le remboursement de sa dette en lui prenant tout ce qu'il possède puis en lui demandant d'en redonner autant ? Non bien sûr... Imposer le remboursement d'un surendettement amène la déflation, qui amène la récession, qui amène l'aggravation du déficit, qui amène quoi ? Encore plus de dette ? ( PS : En tous cas, l'asservissement ). Au final hyperinflation et déflation arrivent à des résultats similaires : dans l'hyperinflation les citoyens reçoivent des revenus identiques ou supérieurs mais dans une monnaie dévaluée ( donc leur revenu réel - en monnaie constante - a baissé ainsi que leur pouvoir d'achat ), et dans une déflation les citoyens reçoivent des revenus plus faibles ( donc leur revenu a baissé ainsi que leur pouvoir d'achat ). La réalité étant sans aucun doute un mélange des deux, comme je le dis depuis 10 ans ( austérité + dévaluation ), c'est pourquoi j'ai maintes fois parlé de recessflation ( avec jusqu'à présent des salaires diminués ou stables mais avec de l'inflation et à l'avenir je pense des salaires qui augmentent pas ou peu mais avec davantage d'inflation ).

Si la première phase de la crise consistait en un surendettement. La deuxième phase a consisté en une diminution du déficit via l'austérité. Il fallait que les liquidités qui seraient déversées ensuite ne soient pas à nouveau jetées par les fenêtres, ou que la structure du système ne reproduise pas de nouveaux déficits et une reconstitution de la dette après la dévaluation monétaire. Mon espoir depuis 2006 était qu'ensuite les gouvernements re-introduisent des liquidités afin de dévaluer les monnaies ( idée qui commence à faire son chemin dans le monde car pour l'instant les banques centrales ont surtout racheté des actifs pourris aux banques commerciales afin que ces dernières déversent des liquidités via... de nouveaux prêts... qu'elles hésitent toujours à faire d'ailleurs ). Pourtant il existe une autre possibilité. Elle n'est pas nouvelle mais je la trouvais statistiquement peu probable puisqu'elle ne permettait pas le remboursement de la dette, ni le paiement des allocations chômage/retraite/sociale. En fait elle n'arrangeait pas le problème de la dette, bien au contraire. Toutefois, la question qui me vient est : n'est-ce pas ce que justement la ploutocratie souhaite - ou en d'autres terme,  la ploutocratie ne s'en moque t'elle pas ?

Une certaine ploutocratie s'arrange bien de l'austérité avec baisse des salaires et précarisation des travailleurs : cela permet de trouver davantage de main d'oeuvre bon marché. Quant aux taxes, elles concernent essentiellement la classe moyenne ( qui d'ailleurs tend à rejoindre la classe pauvre ). Cette ploutocratie désire t'elle donc vraiment une résolution de la crise ? Au milieu de la crise, les actions ne sont-elles pas à leur sommet historique ? Les résultats d'entreprise sont-ils mauvais ? Les patrimoines des 5% les plus riches n'ont-ils pas grossi l'an passé ?

Jusqu'en 2008, le phénomène du surendettement était facile à exploiter : il suffisait d'emprunter et d'acheter pour voir son voir son patrimoine enfler. La déflation de 2008 a mis un terme à ce mécanisme. Certes il est resté possible de réaliser des rendements intéressants avec certains placements, mais il fallait davantage de connaissances et d'intelligence. Pour la majorité des citoyens, la fin de 2008 a rimé avec diminution des revenus, du pouvoir d'achat et difficultés à rembourser ses emprunts. D'un côté ce phénomène a pesé sur la consommation et la croissance. De l'autre, ce phénomène a permis de faire pression sur les travailleurs : davantage de taxes, d'impôts, de travail, moins de droits. Le salarié, contraint de travailler pour rembourser, est muselé.

Tout cela n'est pas seulement un scénario de film apocalyptique. Je décris une terrible réalité. La crise n'est pas nécessairement un mal pour tout le monde mais s'il est de bon ton de s'en plaindre ( afin de rester discret et si possible d'obtenir des aides ).
Même les gouvernements paraissent muselés ( écrasés par la dette avec des objectifs utopiques de déficit et avec l'obligation de faire de l'austérité afin d'être bien certain que les premiers objectifs ne soient pas atteints )... Des salariés muselés, des gouvernements tenus en laisse sont un avantage non négligeable pour les multinationales tant que les résultats restent positifs. L'idéal d'ailleurs pour les multinationales et leurs dirigeants qui peuvent délocaliser d'un pays à l'autre du jour au lendemain, c'est d'égaliser les rémunérations et les quotités de travail dans le monde entier. C'est ça l'égalité. Africain, Asiatique, Européen ou Américain : à terme, même salaire, même travail ( pour la fiscalité, peu importe tant que c'est le citoyen qui paie ).

Cette explication n'est que théorique actuellement, et si elle est mise en oeuvre, il faudra des années pour y parvenir. Pour autant c'est une hypothèse qu'il ne faut pas rejeter, à mon avis... Bien au contraire... Comme je le disais en introduction, il aurait été facile d'éviter la crise mais tout a été fait pour aggraver la dette, le déficit et la précarisation des travailleurs. Simple incompétence ?