J'entends de plus en plus souvent dire que le quantitative easing ne sert à rien. C'est faux, néanmoins il faut admettre que le QE n'a pas pour but de relancer la croissance.

Sans le quantitative easing, il y a belle lurette que le système bancaire mondial se serait écroulé. En effet, les banques faisant faillite entraînent de plus grosses banques avec elles, et entraînent des assureurs, des sociétés de gestion de fonds ( assurance-vie y compris ) avec elles. Cela aboutit au blocage des comptes bancaires de leurs clients, et aux banqueroutes ( c'est à dire que les clients faisant la queue devant leurs banques forment des routes de plusieurs centaines de mètres ). Il y a un credit crunch ( les banques ne font plus crédit ) et les entreprises quelles qu'elles soient ( y compris commerciales et industrielles ) font aussi faillite du fait des blocages bancaires, de la chute de la consommation, etc.

Le quantitative easing a donc permis d'éviter cette méga-déflation, qui aurait accompagné une méga-récession, en sauvant les banques. Et c'était son unique objectif. Ceux qui croyaient que le but du quantitative easing était de relancer la croissance étaient des naïfs. Au mieux, les banques centrales ont argué que le QE "stimulerait" la croissance, mais il s'agit d'un jeu de mot démagogique non pas pour dire que la croissance serait positive, mais pour dire que le QE éviterait que la croissance soit trop négative...

Toutefois, le QE a ses défauts. S'il sauve les banques, il se fait au dépit de la devise ( qui est dévaluée ), de la dette ( qui augmente ) et du contribuable ( qui paie ). Par conséquent il provoque de l'inflation, des hausses d'impôts et une baisse du pouvoir d'achat.

Il aurait probablement mieux valu, dès le début, dévaluer purement et simplement les monnaies. Mais cette expression qui commence à devenir courante ne l'était pas il y a quelques années. Une dévaluation est mal tolérée sur le plan national et international. Effectivement, le citoyen voit son pouvoir d'achat et son épargne laminés par la dévaluation, et les pays prêteurs ( notamment la Chine ) voient leurs devises étrangères ( notamment le dollar ) perdre leur valeur.  Les USA et le Japon ont donc parlé de quantitative easing pour éviter de prononcer et de faire ce qui est tabou : la dévaluation. Le QE est donc le résultat d'une hypocrisie généralisée.

Pour s'en sortir, il faudrait un jour avouer que les USA, l'Europe et le Japon doivent dévaluer leurs monnaies ( alors qu'actuellement le QE se contente d'échanger des devises contre des produits toxiques, et de réaliser des prêts au secteur bancaire ). Les États devraient alors créer de la monnaie en quantité suffisante pour rembourser leurs dettes puis ils créeraient une nouvelle monnaie dévaluée ( nationale ou internationale ). Par exemple le "new euro ou n€" avec 1 n€ = 100 €, ou alors une devise internationale ( ex : le mammon ), type 1 mammon = x $ = y € =...