Bruxelles demande de faire des efforts à Paris ( http://www.boursorama.com/actualites/deficits-bruxelles-exige-des-efforts-de-paris-apres-le-delai-accorde-5d73ecfd1568e4100738110bbc927782 ). Le titre est très égocentrique. Il aurait mieux valu dire "la zone euro demande de faire des efforts à la France". Quoique... S'agit'il de la zone euro, de l'union européenne, de l'Europe, de la commission européenne, de la BCE... ? La question n'est pas si bête. Qui en Europe demande à la France de faire des efforts : la Grèce, le Portugal, l'Irlande, l'Espagne, l'Italie, Chypre ? Sûrement pas, car même si ces pays voulaient "se venger", ils savent très bien qu'eux-mêmes doivent cesser l'austérité, et donc qu'ils doivent faire profil bas !

En Europe, désormais seule l'Allemagne peut veut encore prôner l'austérité, et il est amusant d'écrire que "Bruxelles" désigne purement et simplement l'Allemagne. Ça en dit long ! L'Europe d'aujourd'hui, c'est l'Allemagne !

Mais est-ce seulement l'Allemagne ? En réalité, derrière l'Allemagne, il y a les banques commerciales allemandes et internationales, et les USA ( ou le FMI, c'est pareil pour ceux qui ne le savent pas encore ).

Ce qui est encore plus suspect, c'est que l'on peut lire de plus en plus d'aveux sur l'échec de l'austérité. C'est une réalité que l'on a vue maintes fois par le passé ( ex : l'Argentine ) et que l'on voit encore dans toute l'Europe du sud et maintenant en Europe du nord ( Allemagne y compris ). Pourquoi donc tant d'obstination pour une politique que l'on sait nocive ? Voir par exemple le discours de Pierre Moscovici : "Dans l'équilibre entre la réduction des déficits et le soutien à la croissance, c'est désormais le soutien à la croissance qui l'emporte et c'est fondamental", http://www.boursorama.com/actualites/moscovici-croissance-francaise-un-peu-plus-elevee-que-les-previsions-de-bruxelles-cc5c16731987ec6d45348eda1bbc839c

Qui donc a raison : la France ( en fait toute l'Europe du sud... et de plus en plus du nord ) ? Ou l'Allemagne ? Cette question n'est pas pertinente en fait. Premièrement, comme je l'ai dit plus haut, derrière l'Allemagne il y a les USA et les banques, qui ont prêté à l'Europe et veulent reprendre leurs fonds avec le maximum d'intérêts. Ils ne se préoccupent ni de l'économie ni du contribuable, mais seulement de leurs finances personnelles. Deuxièmement, l'Allemagne a fait le choix d'une politique déflationniste, qui a ses avantages et ses inconvénients. L'Europe du sud, a depuis longtemps, avant même son entrée dans la zone euro, fait le choix de la dévaluation monétaire ( politique inflationniste ), qui a aussi ses avantages et ses inconvénients. Je ne vais pas revenir sur la discussion entre ces deux politiques ( bien que concernant la crise que nous vivons actuellement, je suis persuadé que la politique inflationniste créerait moins de dégâts ; c'est une question de cycle économique ). Je vous laisse toutefois regarder cette intéressante statistique sur la richesse des Européens : http://www.rue89.com/rue89-eco/2013/04/16/les-grecs-plus-riches-les-allemands-kolossalen-skandal-241507. Seulement je constate que des choix diamétralement opposés ont été faits depuis des années par l'Allemagne et par le reste de l'Europe. Et comme il n'y a pas eu d'accord dès le début sur ces choix politiques et économiques, l'Europe "découvre" qu'en son sein, les Etats avaient fait des choix différents. Du coup, ces Etats veulent imposer "leur" choix aux autres Etats, mais ce sont en fait des choix tout à fait discutables, avec leurs avantages et leurs inconvénients, et en tout état de cause il est trop tard pour en discuter... un peu comme si mon voisin M. X avait peint la moitié de sa maison en bleu, tandis que ma voisine Mme X avait peint l'autre moitié en rose... Que faire ? Mme X voudrait mettre de la peinture rose sur la peinture bleue, sachant le mélange du bleu et du rose ferait une espèce de mauve... Mais M. X n'aime ni le rose ni le mauve et il veut du bleu... Voilà en gros où nous en sommes !

Tout cela est parfaitement ridicule en fait. L'Europe du sud doit, veut et peut assumer sa politique inflationniste. Mais "l'Allemagne" doit, veut ( et ne peut pas ) assumer sa politique déflationniste, mais elle veut la faire assumer à l'Europe du sud, qui est obligée de s'y soumettre mais ne doit et ne peut pas le faire à long terme, pour sa propre survie ( http://www.boursorama.com/actualites/deficit-des-conservateurs-allemands-mecontents-du-sursis-accorde-a-paris-a08ffaef9a1b25c03b0bb73ab658f26d ). Tout cela bien entendu, pour faire retourner l'argent de l'Europe du sud vers les banques commerciales allemandes et internationales... Sauf que pour l'instant seuls de petits pays, sur le plan économique, se sont vus imposer cette politique déflationniste ( l'austérité ). Ils n'avaient pas le poids suffisant pour contester. Néanmoins le problème concerne désormais des poids lourds ( l'Espagne, l'Italie, la France, entre autres ), et il sera plus difficile d'imposer davantage que ce qui leur a déjà été imposé.

Si les Etats d'Europe ne peuvent pas se mettre d'accord sur la politique économique et monétaire à mener, il vaudrait mieux ( encore une fois ) que ces Etats se divisent en deux clans...