Nous apprenions hier que l'Irlande, réputée être le meilleur élève européen, tant par sa croissance passée que par sa réaction face à la crise, voit son ciel s'assombrir : http://www.boursorama.com/actualites/l-irlande-a-besoin-de-plus-de-temps-pour-rembourser-d6283fc6783fb9654f3eab584245a0d8. Après six plans d'austérité "douloureux", la dette est toujours aussi lourde à porter et l'Irlande a besoin de ( beaucoup ) plus de temps pour rembourser. Cela peut paraître anodin mais il s'agit d'un éclair dans le ciel européen. En effet, l'Europe nous avait fait croire que les "solutions" qu'elle avait mises en place fonctionnaient, en donnant l'exemple de l'Irlande. Désormais tous les pays d'Europe ont démontré que les "solutions" européennes ne fonctionnaient pas. Même le meilleur élève et dans la tempête !

Je ne peux m'empêcher de rappeler l'histoire de l'Irlande. Ce pays, l'un des pays les plus pauvres d'Europe lors de son entrée dans l'union, était parti de presque rien sur le plan économique. En laissant venir des entreprises étrangères grâce à une fiscalité extrêmement basse ( ce qui pour l'Irlande était de toutes façons mieux que rien ), ce pays avait connu une croissance extraordinaire. Portée par l'euphorie conjoncturelle, l'Irlande s'était endettée pour se développer. Les banques ont fait des "investissements" juteux, jusqu'au jour où la bulle a explosé. Ce scénario amusant n'est pas sans rappeler l'histoire de la Grèce, de l'Europe de l'Est, mais aussi de nombreux pays émergents. On imagine donc quelles seront les prochaines victimes de la crise occidentale. On note aussi que les multinationales qui délocalisent dans les pays émergents ( j'intègre l'Irlande et l'Espagne, comme je l'ai toujours fait, mais désormais il n'y a plus personne pour se moquer de moi ) sont les premières à profiter de ces délocalisations. Mais c'est toujours aux contribuables de payer l'addition, aussi bien pour le pays dont la multinationale part que pour le pays que la multinationale intègre...

Nous apprenons aujourd'hui que les choses se gâtent aussi en Italie : http://www.boursorama.com/actualites/mario-monti-annonce-qu-il-demissionnera-une-fois-le-budget-approuve-5090a3e9d6eb7439fc7a6f85bdefc28a. Mario Monti, dont on ne sait pas trop comment il a acquis son poste de président du conseil Italien, peut-être grâce à ses connaissances chez Goldman Sachs, rencontre des turbulences. La pression monte chez ses opposants. La politique européenne, appliquée par Mario Monti, ne semble pas appréciée sur la péninsule... Là encore le contribuable en a assez de payer pour engraisser les banques qui vont prochainement annoncer de plantureux bonus, et verser des salaires exagérés à ses dirigeants.

Je ne sous-estime pas la force politique des banques qui pourraient bien imposer leur choix. Néanmoins ces choix sont voués à l'échec comme le prouve le cas de l'Irlande, et sont de plus en plus combattus.