Les journalistes financiers paniquent à cause du "fiscal cliff".Il s'agit surtout d'un psychodrame puisque l'issue du problème est déjà connue.

En effet le dépassement du plafond de la dette des USA s'était déjà produit il y a plus d'un an, et devait aboutir à une cure d'austérité, comme on dit en Europe. Les marchés avaient déjà paniqué à l'époque mais les médias avaient détourné l'attention vers l'Europe. Ensuite, comme plus personne ne s'intéressait à la dette US, la réponse au problème a été repoussée. D'ailleurs pourquoi résoudre aujourd'hui ce que l'on ne pourra pas résoudre demain ? Et puis avec de la chance, en laissant traîner le problème, on aurait laissé à d'autres les difficultés de le résoudre... Manque de chance, Obama a été réélu et n'a pas pu passer la patate chaude aux républicains.

Ainsi les Américains ont pu montrer leur extrême compétence face à ce problème : le reporter. Une fois ça va, deux fois : bonjour les dégâts ! Et puis il est difficile de détourner encore l'attention sur l'Europe... Que proposer ?

M. Bernanke veut relever le plafond de la dette des USA : http://www.boursorama.com/actualites/etats-unis-bernanke-appelle-les-elus-a-relever-le-plafond-de-la-dette-publique-a18600540ca24a6e34baf6e890ee56f6 . Quelle bonne idée ! Personne n'y avait pensé... Ainsi la dette augmentera et dans quelques années, les dirigeants se donneront à nouveau rendez-vous pour un nouveau psycho-drame et relever une nouvelle fois le plafond de la dette ! M. Bernanke, grâce à sa brillante expertise, nous propose donc de repousser encore le problème.

L'alternative serait l'austérité mais bien entendu elle n'aura pas lieu. Les Américains ont pu constater les désastres que cela provoquait en Europe tandis qu'eux, dans la même situation, s'en étaient tirés favorablement en repoussant le problème. Il y a donc de fortes chances pour que l'avenir donne raison à M. Bernanke.

J'aimerais toutefois soulever un problème. En relevant le plafond de la dette, on finit par augmenter la dette de l'Amérique et des Américains. Les intérêts augmenteront aussi et ils seront de moins en moins faciles à rembourser. La croissance ne reviendra pas pour autant, bien au contraire puisque les remboursements des intérêts engloutiront de massives quantités d'argent qui auraient pu être utilisées pour consommer ou investir. Bref les USA s'enfonceront dans une spirale infernale. Quant aux solutions, je les ai déjà évoquées plusieurs fois : http://lettredamien.canalblog.com/archives/2012/10/index.html. En résumé : rétablissement du rôle des banques nationales, fin de l'Etatisme. J'ajoute qu'il faudrait rembourser immédiatement la dette, mais pas avec de l'austérité. Il faudrait dévaluer les monnaies pour rembourser cette dette. Ensuite il faudrait rationnaliser le fonctionnement des Etats en leur supprimant toutes les activités qui ne les concernent pas et qu'ils ne savent pas gérer ( par exemple tout le système des subventions /aides / fonds de soutien, la régulation des marchés, la surveillance des banques, la santé, l'éducation, etc... ). Cela ferait des économies gigantesques et éviterait que les Etats ne sombrent à nouveau dans la spirale de l'endettement. En d'autres termes, la règle d'or budgétaire ne pourra et ne devra être appliquée que lorsque les endettements nationaux seront réduits.

Il existe d'autres problèmes et d'autres solutions mais ils sont d'ordre idéologique et je les aborderai plus tard.