Il ne se passe pas un jour sans que je voie un journaliste tenter "d'expliquer" ce qui se passe sur le plan économique :

- sur la macro-économie, il y a soit l'optimiste aveugle, ne parlant que des ( fausses ) bonnes nouvelles et oubliant le reste, soit le converti ( mais qui reste rare ) qui commence à découvrir ce que nous savons depuis plus d'une décennie... Autant dire qu'il ne faut pas attendre des informations utiles de ce côté-là.

- sur les marchés, notamment action, les journalistes trouvent généralement des explications après la cloture des marchés pour comprendre les fluctuations. Et vu qu'ils ne comprennent rien, ils prennent à peu près n'importe quelle nouvelle du jour et font un lien de cause à effet, faute de mieux...

par exemple : http://www.boursorama.com/actualites/wall-street-finit-en-legere-hausse-rassuree-par-de-bonnes-statistiques-e71638a7b9d42983f6740b08bd4c757c

Ce qui est amusant, c'est qu'en période d'incertitude, les journalistes sont de plus en plus perdus. Ainsi depuis quelques mois, on entend vraiment tout et n'importe quoi. Quand une mauvaise stat sort et que le marché monte, on dit que le marché réagit en espérant un coup de pouce des banques centrales. Quand une bonne stat sort et que le marché monte, on dit que finalement tout va mieux et que les banques centrales n'ont pas besoin d'agir. Du coup, ça tombe bien, les banques centrales n'agissent pas... Et puis le marché rebaisse, et on cherche encore des explications ( mauvaises stats, mauvais résultats, parfois bonnes stats mais inférieures aux attentes soit-disant,... ). Et puis ça recommence comme avant...

Avec un peu de recul on se rend compte que ces explications ne tiennent pas la route. Le marché monte parce qu'il est perdu, tétanisé ; parce qu'il y a des afflux de liquidités, ou de belles promesses ; parce qu'il y a des optimistes qui n'osent pas regarder la réalité en face ; parce que les banques s'amusent bien à plumer les pigeons dans ce marché en vendant sur les rebonds après avoir fait croire qu tout va bien, et achètent sur les creux lorsque les stats sont affreuses.

Je ne dis pas qu'il faut jouer la baisse des actions. Je dis qu'il ne faut rien attendre d'elles. En ce moment elles sont comme les vagues de l'océan dans leur flux et reflux au cours d'une tempête. Quelle direction attendre ? Les spécialistes ne sont pas d'accord. En effet la question cruciale est : "aura t'on ou non un assouplissement quantitatif ( QE3 ) ?". Certaines pensent que oui, d'autres pensent que non. En fait je dirais qu'on n'a pas vraiment le choix. Peut-on éviter ce QE3 ( quel que soit son futur nom et sa forme ) ? En fait non. Le seul doute est dans la forme qu'il prendra et dans les mesures qui lui seront associées. Ensuite, il est évident que ce QE3 ne résoudra pas tout et ne fera pas revenir la croissance et le plein emploi. Le QE3 n'est pas une solution mais c'est une étape qui me paraît inévitable à moyen terme.